Si vous trouvez que les palmiers à feuilles en éventail (comme le Trachycarpus ou le Chamaerops) manquent un peu de souplesse, il est temps de découvrir le Butia capitata.
Aussi appelé Palmier Abricot ou Jelly Palm (le "palmier à gelée" chez les anglophones), ce natif d'Amérique du Sud (Brésil, Uruguay) est l'un des palmiers les plus gracieux que l'on puisse acclimater dans nos régions tempérées.
Avec sa couronne de feuilles arquées d'un beau gris-bleuté et sa résistance honorable au froid (environ -10°C à -12°C en sol drainé), il transforme n'importe quel jardin en une scène tropicale chic.
Mais le Butia a un secret qui le rend unique : c'est un palmier fruitier.
Le Bonus Gourmand : Pourquoi "Jelly Palm" ?
Contrairement à la plupart des palmiers d'ornement dont les fruits sont toxiques ou sans intérêt, le Butia capitata produit en fin d'été de lourdes grappes de fruits comestibles.
À quoi ça ressemble ? De petits fruits ronds, de la taille d'une grosse cerise, passant du jaune à l'orange vif à maturité.
Quel goût ça a ? La chair est juteuse, fibreuse, avec un goût acidulé et sucré très particulier, oscillant entre l'ananas, l'abricot et parfois la mangue.
Qu'en faire ? Si certains les mangent crus (en recrachant la grosse graine), ils sont surtout célèbres pour être transformés en une gelée (confiture) délicieuse et parfumée, à la couleur ambrée magnifique.
L'évolution du Palmier Abricot : La Patience Récompensée
Le Butia a une croissance modérée. Plus lent qu'un Washingtonia, mais plus rapide qu'un Chamaerops. Sa silhouette change considérablement avec l'âge.
Pour vous aider à vous projeter, voici comment ce palmier évolue au fil des décennies.
1. À 3 ans : La fontaine bleue (La phase d'installation)
Jeune, le Butia est déjà très élégant.
Visuel : Il ressemble à une grosse touffe de grandes herbes bleutées. Il mesure souvent moins d'un mètre de haut.
Structure : Il n'y a absolument aucun tronc visible. Les feuilles partent du sol. Contrairement aux palmiers rigides, ses palmes pennées commencent déjà à montrer leur caractéristique principale : elles s'arquent gracieusement vers le sol, donnant un effet de "fontaine".
Enracinement : Il prend son temps pour installer son gros bulbe racinaire.
2. À 15 ans : L'adolescent élégant (La formation du stipe)
C'est l'âge où le Butia commence à devenir une pièce maîtresse du jardin.
Visuel : Il atteint environ 2,5 à 3 mètres de hauteur totale (feuilles comprises).
Le tronc apparaît : Un stipe (tronc) commence à se former. Il est très caractéristique : massif, épais, grisâtre, et fortement marqué par les bases des anciennes palmes qui lui donnent une texture très rugueuse et architecturale.
La couronne : Elle est magnifique, formant une sphère quasi parfaite de feuilles bleu-gris qui retombent presque jusqu'au sol.
3. À 30 ans : Le seigneur du jardin (La maturité fructifère)
Un vieux Butia est un spectacle inoubliable.
Visuel : Il peut atteindre 5 à 6 mètres de haut. C'est un palmier imposant.
Structure : Le tronc est devenu très épais et solide, parfois un peu plus lisse à la base avec le temps. La couronne est massive, en forme de parasol, avec des palmes pouvant mesurer 3 mètres de long.
Fructification : C'est à cet âge que les floraisons et fructifications sont les plus spectaculaires, avec des régimes de fruits pouvant peser plusieurs kilos.
Les clés du succès pour votre Butia
Pour réussir ce palmier au look résolument exotique, quelques règles sont à respecter :
Le drainage avant tout : C'est le point crucial. Le Butia résiste bien au froid sec, mais déteste avoir les "pieds mouillés" en hiver. Si votre sol est argileux, plantez-le sur une butte ou drainez fortement le trou de plantation avec des graviers.
Soleil, soleil, soleil : Pour obtenir cette belle couleur bleutée, il lui faut le plein soleil. À l'ombre, il aura tendance à verdir et à s'étioler.
L'espace : Prévoyez large ! N'oubliez pas que ses palmes vont retomber et s'étaler sur 3 ou 4 mètres de diamètre à l'âge adulte. Ne le plantez pas trop près d'un passage.
